Les grandes artères découle d’une réflexion sur la difficulté de faire un chez soi d’un lieu étranger et de la violence du processus d’enracinement. Propulsés dans un nouveau territoire que nous n’avons pas appris à connaître au fil des ans, nous occupons un lieu qui se réduit pour nous à un petit point noir sur une vaste carte, un point entouré de noms de villes inconnues, de routes dont on ne connaît les paysages, de références à des montagnes et des plans d’eau dont on ne peut s’imaginer les contours. Pour un étranger, l’espace de la carte, que l’on parcourt si vite des yeux, ne peut prendre vie par les souvenirs de voyages; les distances en centimètres sur le papier peuvent tout aussi bien apparaître comme équivalant à des minutes ou à des jours de voyages dans la mesure où nous n’avons pas encore fait l’expérience du déplacement dans ce nouveau territoire. Les racines s'étendent sur un plan sans échelles, tâtent le sol sans trouver prises. Naît ce désir de se clouer au paysage, de trouver un point pour mettre un terme au suspens, lester d'un poids les convulsions. 

Projet en cours.