Exposition en cours : Les fables du singe, 2-30 août, Chapelle des Cuthbert, Berthierville.
Les fables du singe
Je me souviens un matin entendre ma mère ouvrir le poulailler et, imitant le bruit de nos poules, appât en main, les inciter à en sortir pour récolter les œufs sans résistance. Je lisais alors avec passion les Fables de la Fontaine, et toutes nos petites ruses régissant nos rapports avec les animaux m’apparurent soudain comme baignées par l’univers des contes. Qu’est-ce que les autres animaux diraient de nous s’ils pouvaient raconter des histoires ?
On le sait, nos interactions avec les animaux sont désormais dépourvues de personnages : c’est l’usine contre le bétail, les quotas de chasse contre les quantités de fourrures, des habitats détruits et des lois environnementales diluées. Cette scène matinale m’a rappelé la fertilité des histoires pour comprendre le monde où nous vivons, et m’a inspiré le pari de ramener à l’échelle du récit un système d’exploitation désormais vaste et anonyme.
Ainsi, à travers les différentes scènes des Fables du singe, se rejouent sous forme d’historiettes les multiples relations que nous entretenons avec les animaux (dressage, élevage, collecte de fourrure, chasse, etc.) Dans la tradition des singeries du XVIII, l’humain y est présenté sous le masque du singe. Le singe, double inquiétant de l’humain, parodie nos comportements dans une version édulcorée du monde réel.
Replacer l’humain et les autres animaux sur une même scène, faire apparaître leurs parentés, devient une manière de résister à la chosification du vivant et d’ouvrir un espace d’empathie. Ici, l’anthropomorphisme fait un pied de nez à l’anthropocentrisme.
Aquarelle sur papier, 22x30 pouces, 2025.







